Patrick_Braoude_200Scénariste, réalisateur, comédien, Patrick Braoudé revient à l’adn de son art, la photographie. Il expose à Trouville « Les petits carrés » à la Villa Gypsy. Une capture quasi picturale de la vie de plage. Des scènes de petits bonheurs quotidiens à partager.

Interview 

 

 

 

 

Patrick_Braoude_portraitLa photo a toujours fait partie de votre vie ?

Je fais de la photo depuis que j’ai 16/17 ans. J’ai toujours aimé l’image. Je suis passé par tous les appareils et formats possibles. Quand je fais mes films j’ai toujours un appareil dans la poche. Je photographie mon plateau, mes acteurs, mes techniciens. J’ai des milliers de photos ! Quand j’ai acheté ma petite maison à Trouville il y a 4 ans mon épouse avait peur que je m’ennuie sur la plage. Elle m’a dit fais des photos. C’est ce que j’ai fait. Un jour j’ai pris une photo un peu floue que j’allais presque effacer mais en la regardant de près ça ressemblait à un tableau. Elle était picturale. J’ai recherché comment reproduire cet accident et j’ai trouvé. J’ai retrouvé l’aspect du grain que j’aimais tant avec cette étrangeté impressionniste.

Comment définissez-vous votre style ?

Ce sont des aplats. Il n’y a plus de profondeur de champ. Les gens sont tellement loin qu’il n’y a plus de notion de distance entre ceux qui sont proches et ceux qui sont éloignés. Moi je suis à 300 ou 400 m d’eux. Je suis très loin. A marée basse quand les gens sont dans l’eau je suis sur les Planches. Ce sont des petits points. J’ai une très bonne vue et je vois des choses très loin. Je vais aller découvrir ce que c’est avec mon appareil.

Il y a une similitude avec votre travail de réalisateur ?

Je fais parfois des photos purement esthétiques sur des taches de couleur par exemple des associations de parasols. Mais j’aime surtout prendre les gens dans des attitudes particulières. Des petits moments de bonheur ou de solitude. Je peux attraper le baiser d’un couple. Je ne publierais pas des photos de personnes qu’on pourrait reconnaître. Ce qui m’intéresse c’est d’avoir des sortes de fantômes. Ce qui est intéressant c’est se dire ça pourrait être moi avec mon chien. Une sorte d’identification un peu comme dans un film finalement. C’est un peu la même démarche, les photos ce sont des petites histoires. On peut faire parler les personnages. Je nomme certaines photos comme des dialogues de film. Sur l’une d’elle un homme et d’une femme sont au bord de l’eau. Elle s’abrite sous le parapluie. Pas lui. On sent qu’il a des choses à lui dire. J’ai appelé cette photo « Parfois la pluie ne gêne pas ». Chacun a le droit de se raconter ce qu’il veut à partir de ça.

Ca vous donne une grande liberté par rapport au cinéma ?

Je n’ai pas besoin d’avoir la production, les financiers. C’est un peu du repos. Quand je fais du film ou du théâtre, ca coûte très cher. On est face à des banques qu’il faut convaincre. Monter un projet de film c’est plusieurs années, alors que là je fais une photo, elle est là. Je travaille avec un labo qui fait des beaux tirages puis je l’expose.

Quels sont vos endroits de prédilection en dehors de la Côte Fleurie ?

J’ai fait aussi des photos à l’île de Ré. Il faut que j’aille photographier ailleurs mais mon métier principal c’est quand même d’écrire, de faire des films, du théâtre. Ca me prend beaucoup de temps. La photo est une respiration, un passe temps du week-end. Mais d’ici la fin de l’été j’ai 5 expositions programmées à Paris, à Honfleur, à Aix et dans le Morvan, ce qui va occuper 80% de mon temps !

Vos prochains projets ?

Je vais être au théâtre en 2018 et j’ai deux projets de films et un projet d’écriture de pièce de théâtre.

Vous travaillez à Trouville ?

Il y a un film entier que j’ai écrit ici il y a deux ans avec mon épouse. La journée on travaillait. Le soir on allait voir le coucher de soleil. C’est un endroit formidable pour travailler.

Propos recueillis par Sophie Dancourt

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